Santé

Ghana : Accra rejette l’accord d’aide américaine contre des données de santé

Les négociations entre Accra et Washington pour un nouveau programme d’aide pluriannuel ont échoué. En cause, une clause exigeant l’accès aux données personnelles des Ghanéens, jugée inacceptable par les autorités.

‎L’enveloppe discutée portait sur 65,4 milliards FCFA étalés sur 5 ans. Mais l’équipe américaine a conditionné le financement à l’obtention d’informations sensibles liées à la santé publique. Le Ghana a dit non. « L’accord est mort », a confié à l’AFP une source proche du dossier, sous couvert d’anonymat. Cette source précise que l’équipe ghanéenne incluait des responsables du secteur de la santé, signe que le volet sanitaire était au cœur des discussions. Après ce refus, les négociateurs américains se seraient montrés « hostiles » et auraient accentué la « pression », toujours selon la même source. Contacté par l’AFP, le ministère ghanéen de la Santé n’a pas réagi dans l’immédiat.

‎Ce blocage n’est pas isolé. Le Zimbabwe avait déjà recalé une proposition similaire en février, estimant sa souveraineté menacée. Au Kenya, l’accord signé en décembre a été suspendu une semaine plus tard par la justice, saisie par une association de consommateurs inquiète du partage de données. Un projet en Zambie, qui mêlait santé, ressources naturelles et accès aux données, reste en suspens.

‎Depuis le démantèlement de l’USAID par l’administration Trump, Washington a refondu son aide en santé en Afrique via des accords bilatéraux directs. Interrogé par l’AFP, le département d’État américain refuse de « divulguer les détails des négociations bilatérales en cours ». Il indique seulement que les fonds évoqués avec le Ghana auraient servi à « lutter contre le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose et d’autres maladies infectieuses ».

‎En 2024, juste avant les coupes budgétaires de l’administration Trump, les États-Unis avaient versé 131,4 milliards FCFA d’aide au Ghana, dont 57,6 milliards FCFA pour la santé. En 2025, le montant est tombé à 83,1 milliards FCFA, selon le site http://ForeignAssistance.gov. Les sommes couvrent agriculture, santé et divers programmes.

‎Le financement proposé à Accra, environ 34 millions d’habitants, reste modeste comparé aux 1 500 milliards FCFA offerts au Kenya et aux 1 260 milliards FCFA promis au Nigeria. À ce jour, au moins 32 accords de ce type ont été conclus sur le continent, pour un total d’environ 12 360 milliards FCFA, dans le cadre de la stratégie « America First » pour la santé mondiale. Plus d’une douzaine de pays ont signé, dont le Nigeria, le Kenya, le Rwanda, l’Ouganda, le Lesotho et l’Eswatini.

Pourtant, les relations entre les deux pays s’étaient réchauffées ces derniers mois. En septembre, Accra avait accepté d’accueillir des ressortissants ouest-africains expulsés des États-Unis. Washington avait alors levé les restrictions de visa imposées en juin aux Ghanéens. Les droits de douane de 15% instaurés en novembre sur le cacao et les produits agricoles ghanéens ont aussi été retirés. Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao, dépend fortement de ces exportations pour soutenir sa monnaie et son budget.


‎Marcelle NTONGONO 

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