Gabon : l’AGASA dévoile son cahier des charges pour la réouverture du secteur de l’eau en sachet

Le directeur général de l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA), le Dr Jean Delors Biyoghe, a présenté ce matin le plan de relance du secteur de l’eau en sachet, suspendu depuis le 27 octobre 2025 pour des raisons sanitaires.

Un constat sanitaire à l’origine de la suspension
Lors de son allocution, le directeur général a rappelé les motifs de l’interdiction provisoire. « Les analyses physico-chimiques et microbiologiques remettaient en cause la qualité de cette eau », a-t-il déclaré, précisant que la difficulté à contrôler une activité exercée dans des « lieux de production complètement inappropriés » avait rendu cette mesure nécessaire.
Un processus de réouverture strictement conditionné
Le Dr Biyoghe a présenté le nouveau cahier des charges qui régulera désormais le secteur, tout en insistant : « La communication de ce jour ne veut pas dire réouverture ».
Le processus comprend :
· Un atelier technique dès lundi pour présenter le cahier des charges
· Une mise en conformité individuelle par chaque opérateur
· Une inspection et vérification par l’AGASA avant toute autorisation
« Le temps de réouverture dépend du temps que prendra chaque opérateur pour sa mise aux normes », a-t-il précisé.

Clarifications sur les controverses
Le directeur général a également répondu aux critiques circulant sur les réseaux sociaux concernant la grille tarifaire, qualifiant les documents partagés de « vrais documents » mais « mal présentés ».
Concernant la présence d’agents de l’AGASA à la DGSS, il a affirmé qu’il s’agissait d’une « collaboration institutionnelle normale » et d’un « échange d’informations qui permet à l’AGASA d’être plus efficace ».
Vers un secteur restructuré
L’AGASA entre donc dans une phase opérationnelle cruciale avec l’atelier de lundi. Le succès de cette réforme du secteur de l’eau en sachet, une denrée de grande consommation au Gabon, sera un test significatif pour l’agence. Il s’agit de concilier la relance d’une activité économique avec l’impératif non-négociable de la sécurité sanitaire des populations, dans un cadre réglementaire clarifié et strictement appliqué.
La détermination affichée par le Dr Biyoghe à « appliquer la loi » sans « pression quelconque » laisse présager une tolérance zéro envers les opérateurs récalcitrants, tout en offrant un cadre clair à ceux qui souhaitent se conformer aux nouvelles règles. La balle est désormais dans le camp des producteurs.
Roger BIÈRE