InterviewSports

GABON : Paul Ulrich Kessany, « Le sport, la culture et la jeunesse sont les trois piliers d’un même projet de société »

Ancien capitaine emblématique des Panthères du Gabon, Paul Ulrich Kessany ZATEGWA est aujourd’hui au cœur de la relance sportive, culturelle et citoyenne impulsée par le Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguéma. Trois secteurs clés — jeunesse, sport, culture — qu’il s’attache à articuler avec cohérence et efficacité, dans un contexte de refondation nationale. Il revient, pour Ceux qui font l’Afrique, sur les réformes engagées, les ambitions affichées et les défis à relever.

1. Votre département pilote trois secteurs clés : jeunesse, sport et culture. Comment parvenez-vous à articuler ces missions au quotidien, tout en assurant cohérence et efficacité ?

Ce sont trois secteurs qui, à première vue, peuvent sembler distincts, mais qui, en réalité, sont complémentaires. Le sport transmet des valeurs et une discipline qui peuvent inspirer la jeunesse ; la culture porte l’identité et les repères ; et la jeunesse elle-même est à la fois bénéficiaire et moteur de ces dynamiques. Notre travail consiste à faire en sorte que chaque action ne soit pas isolée, mais qu’elle participe à un projet commun. Cela exige beaucoup d’écoute, de coordination et parfois d’arbitrage, mais c’est aussi ce qui rend la mission passionnante.

2. Le sport a longtemps été considéré comme le parent pauvre de la gouvernance au Gabon. En tant qu’ancien capitaine des Panthères du Gabon et désormais collaborateur direct du Chef de l’État, comment se porte le secteur sportif, 100 jours après l’amorce de la Ve République ?

Je crois que l’on peut dire qu’il y a une véritable relance. Nous avons déjà engagé des réformes, lancé des programmes de détection et investi dans des infrastructures, comme le Président s’y est engagé au point 6.2.a de son projet de société. Les résultats commencent à se faire sentir, mais il serait illusoire de penser que tout pourrait être réglé en 100 jours. Ce qui importe, c’est que les bases soient posées et que les acteurs perçoivent que la dynamique est enclenchée. Il faut maintenant maintenir le cap et continuer à élever nos ambitions.

Lire Aussi:  Mercato : Aubameyang fait son retour à l’OM jusqu’en 2027

3. Quels sont les axes majeurs développés par le Gouvernement d’Oligui Nguema qui traduisent ce renouveau ?

Nous avons concentré nos efforts sur trois grands axes, tels que prévus par le pilier 6.2 du projet de société du Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement : structurer, équiper et former. Structurer, c’est offrir un cadre clair aux acteurs, qu’il s’agisse des fédérations ou des associations. Équiper, c’est rapprocher les infrastructures des populations afin que la pratique ne soit pas un luxe. Former, c’est investir dans l’humain pour permettre aux talents d’éclore et de se maintenir au plus haut niveau. Ces axes ne sont pas figés : ils évoluent en fonction des besoins et des retours du terrain.

4. Le président de la République a multiplié, depuis la Transition, les inaugurations de plateaux sportifs à travers le pays. Quelle lecture faites-vous de cette politique d’infrastructures de proximité ?

C’est une réponse concrète à un besoin ancien. Quand on construit un plateau sportif dans un quartier, on ne crée pas seulement un lieu de jeu, mais un espace de rencontre et de cohésion. C’est exactement la traduction de la vision du Chef de l’État : des infrastructures au service du développement humain. Mais je reste conscient qu’un plateau ne vit vraiment que s’il est animé et bien géré. Cela nécessite un travail de suivi et de responsabilisation locale.

5. Ces infrastructures, et d’autres, posent souvent un problème d’entretien. Quelles solutions concrètes envisagez-vous pour garantir leur pérennité ?

La gestion et l’entretien des infrastructures sportives relèvent d’abord des prérogatives de l’Office National de Développement du Sport et de la Culture (ONDSC), comme le précise l’article 4 de la loi n°005/2022 du 27 avril 2022, qui lui confère la mission de « financer la construction, le développement et l’entretien des équipements et infrastructures sportives… »

Lire Aussi:  GABON : Trois questions au Pr Biyogo, « Cette Transition constitue un véritable recommencement de l’histoire »

Cela dit, nous devons intégrer l’entretien dans la conception même des projets. Cela signifie prévoir un plan de maintenance financé, impliquer les collectivités et, pourquoi pas, nouer des partenariats privés pour partager la charge. Ce n’est pas qu’une question de moyens, c’est aussi un changement d’état d’esprit : l’infrastructure doit être perçue comme un bien commun dont chacun est responsable.

6. Le programme JET 2025, l’arrivée des détecteurs de talents, la relance du championnat de montée en D3 dans le football… Tout cela dessine une dynamique. Quelle est votre lecture de cette relance multisectorielle par les nouvelles autorités gabonaises ?

C’est, à mes yeux, le passage de la parole aux actes. Le Président avait pris l’engagement, au point 6.2.c de son projet de société, de mettre en place des programmes de détection et d’accompagnement des talents sportifs. Aujourd’hui, avec JET Sportifs et l’arrivée de recruteurs de grands clubs européens, nous voyons cette promesse prendre forme concrètement.

Mais il ne faut pas oublier que cette dynamique dépasse le seul cadre de JET. La relance du championnat de montée en D3, par exemple, permet de revitaliser la compétition locale, d’offrir plus d’opportunités aux clubs et aux joueurs, et de renforcer la base même de notre football. C’est essentiel, car un haut niveau solide se construit toujours à partir d’un vivier local actif.

Les premiers retours sont encourageants, mais nous savons que la réussite se mesurera sur la durée : lorsque les jeunes détectés intégreront les sélections nationales, que les clubs locaux gagneront en compétitivité, et que ces efforts auront un impact positif sur tout l’écosystème sportif. Les objectifs ne sont pas figés, et chaque étape franchie en ouvre de nouvelles.

Lire Aussi:  Mali : les basketteuses U19 exclues du Mondial en raison d'un refus de visas

7. Le programme promettait de révolutionner la détection des jeunes talents. Pouvez-vous nous partager des premiers succès et les prochaines étapes ?

Nous avons déjà identifié plusieurs jeunes prometteurs, et surtout, nous avons réussi à créer un engouement qui dépasse le seul aspect sportif. C’est une première victoire. Mais pour que ce programme tienne ses promesses, il faudra l’étendre aux autres provinces, affiner l’encadrement et multiplier les passerelles avec des clubs et structures de formation, au Gabon comme à l’étranger. Les objectifs sont clairs, mais ils évoluent avec chaque étape franchie.

8. La deuxième édition de l’initiative One Forest Youth, qui s’est récemment close à Libreville, positionne le Gabon comme leader continental sur les enjeux climatiques. Comment mobilisez-vous les jeunes autour de ces défis ?

En leur donnant un rôle actif. La jeunesse gabonaise possède un réel potentiel de leadership sur les questions environnementales. Nous créons des espaces où elle peut s’exprimer, se former et agir. L’idée est de relier ses initiatives locales à une cause globale, comme celle portée par l’initiative One Forest Youth. Lorsqu’un jeune constate que son action à Libreville ou à Franceville peut avoir un écho continental, il comprend que son engagement compte vraiment.

9. En conclusion, quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes, aux sportifs et aux acteurs culturels du Gabon en cette phase de relance nationale ?

Je leur dirais de rester engagés, curieux et patients. Nous avançons, étape par étape, vers les ambitions fixées par le Chef de l’État. Les premiers résultats sont là, mais la route est encore longue. Chaque réussite, individuelle ou collective, contribue à bâtir le Gabon que nous voulons. Et dans ce chemin, chacun a un rôle à jouer pour enfin atteindre notre essor vers la félicité.

Propos recueillis par Freddy EYOGHE

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page