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RCA : Le gouvernement ratifie le protocole de Maputo, renforçant les droits des femmes

La République centrafricaine (RCA) a officiellement déposé ses instruments de ratification du Protocole de Maputo, devenant ainsi le 46ᵉ État membre de l’Union africaine (UA) à adhérer à ce traité fondamental pour les droits des femmes.


‎ Cette démarche, saluée par les organisations internationales et la société civile, marque une avancée significative dans la protection juridique des femmes et des filles sur le continen‎Le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, adopté en 2003 à Maputo, vise à garantir l’égalité des genres et à lutter contre les discriminations et violences faites aux femmes. Concrètement, il impose aux États signataires des obligations précises, telles que : l’élimination des pratiques néfastes, notamment les mutilations génitales féminines et les mariages précoces ; la protection contre toutes les formes de violence basée sur le genre ; La  garantie des droits sexuels et reproductifs ; Et  la promotion de la participation des femmes dans la vie politique et économique.


‎Un contexte centrafricain marqué par les défis


‎La ratification intervient dans un environnement où les droits des femmes restent fortement menacés en raison de conflits persistants, d’une insécurité généralisée et d’institutions judiciaires fragiles. Particulièrement vulnérables, les femmes et les filles sont exposées aux violences sexuelles, aux déplacements forcés et à l’absence de voies de recours juridique.


‎Par conséquent, cette adhésion symbolise une volonté affichée des autorités centrafricaines d’aligner leur cadre législatif sur les standards continentaux et internationaux en matière de droits humains.


‎Un processus soutenu par la société civile et les partenaires régionaux


‎La ratification est avant tout le fruit d’un plaidoyer intensif mené par des organisations de la société civile, notamment la Coalition Solidarité pour les droits des femmes africaines (SOAWR). Fortement impliquée, cette dernière, qui regroupe plus de 70 organisations membres, a organisé une mission de haut niveau en RCA en juin 2025, en collaboration avec la Commission de l’UA.
‎Des acteurs clés tels que le Centre d’information et de conseil pour les femmes (WCIC) et l’Initiative des Grands Lacs pour les droits humains et le développement (GLIHD) ont joué un rôle déterminant dans les discussions avec le gouvernement, plus précisément avec le ministère de la Promotion du genre.


‎Bien que la ratification constitue une étape cruciale, son impact dépendra étroitement de la transposition effective des dispositions du Protocole dans le droit national et de leur application concrète. Plusieurs défis majeurs subsistent, à commencer par : l’adaptation des lois existantes , le renforcement des institutions judiciaires et des mécanismes de protection , la  lutte contre l’impunité des auteurs de violences et enfin, la sensibilisation des populations et des acteurs judiciaires.


‎Il est à noter que le Protocole de Maputo a déjà influencé plus de 25 décisions judiciaires dans 11 pays africains entre 2019 et 2024, comme le rappelle le recueil Breathing Life into the Maputo Protocol publié par Equality Now. ‎Seuls neuf pays africains n’ont pas encore ratifié le texte.


‎Roger BIÈRE 

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