Nigéria : 76 otages libérés lors d’une opération militaire à Katsina

Une opération militaire menée par les forces aériennes nigérianes dans l’État de Katsina, dans le nord du pays, a permis la libération de 76 otages détenus par des groupes criminels locaux, communément appelés « bandits ». L’intervention, survenue dans la nuit du 22 au 23 août, a également entraîné la mort d’un enfant, selon un communiqué officiel des autorités nigérianes.
L’armée de l’air nigériane a conduit plusieurs frappes aériennes visant spécifiquement le repaire d’un chef de gang notoire, connu sous le nom de Babaro. Les cibles étaient situées dans une zone reculée de l’État de Katsina, frontalier avec le Niger. En conséquence, les installations utilisées par le groupe ont été détruites, permettant la libération des otages, parmi lesquels figuraient une majorité de femmes et d’enfants.
Certaines des personnes secourues avaient été enlevées plus tôt dans la semaine lors de l’attaque de la mosquée d’Unguwar Mantau, au cours de laquelle au moins 27 personnes avaient trouvé la mort. D’autres étaient retenues captives depuis plusieurs semaines.
Si l’opération est présentée comme un succès par les autorités militaires et civiles, le commissaire à la sécurité intérieure de l’État, Nasir Mu’azu, a confirmé dans un communiqué qu’un enfant avait trouvé la mort durant les assauts. Aucun détail supplémentaire n’a été fourni concernant les circonstances exactes du décès. En outre, les blessés éventuels n’ont pas été comptabilisés dans le bilan officiel.
Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large de « démantèlement des repaires criminels » et de lutte contre « le cycle de meurtres, d’enlèvements et d’extorsions » qui frappe les populations civiles du nord-ouest du Nigeria, comme l’a rappelé M. Mu’azu.
Cette intervention survient une semaine après une opération similaire menée près de la frontière avec l’État de Zamfara, où 62 personnes kidnappées lors d’une attaque contre une église avaient pu s’échapper à la faveur d’un bombardement aérien contre leurs ravisseurs.
Parallèlement, l’armée de l’air nigériane a annoncé avoir mené, le même samedi 23 août, des raids distincts dans l’État du Borno, dans le nord-est du pays. Ces opérations, ciblant des factions jihadistes actives dans la zone frontalière avec le Cameroun, auraient entraîné la mort de plus de 35 combattants, selon un communiqué des forces armées.
De manière générale, le Nigeria fait face à deux crises sécuritaires majeures et distinctes : D’une part, dans le Nord-Ouest , des groupes criminels communautaires, surnommés « bandits », se livrent à des enlèvements massifs contre rançon, des pillages et des violences ethniques. D’autre part, dans le Nord-Est, l’insurrection jihadiste, portée principalement par Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), se poursuit malgré plus d’une décennie de conflit.
Ainsi, la simultanéité des opérations à Katsina et dans le Borno illustre la stratégie des forces nigérianes qui tentent de contenir ces deux menaces de front, notamment avec le recours accru à la puissance aérienne pour des frappes ciblées.
Roger BIÈRE



