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Gabon : Révélations explosives de Brice Laccruche Alihanga  sur le système Bongo

L’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, Brice Laccruche Alihanga, a rompu un long silence lors d’un entretien exclusif accordé à TV5 Monde ce lundi 4 août. Non seulement il revient sur les circonstances de sa chute politique en 2019, mais il livre surtout une analyse sans concession du régime qu’il a servi. Notre rédaction vous dévoile les révélations les plus marquantes de cet entretien explosif.

‎Une disgrâce orchestrée

‎D’emblée, Brice Laccruche Alihanga affirme que son éviction brutale en novembre 2019 résulterait d’un conflit avec Noureddin Bongo Valentin. En effet, le fils et ancien conseiller spécial du président Ali Bongo aurait été au cœur de cette décision. «  Je ne voulais pas servir un pouvoir personnel, illégitime et héréditaire».

‎Le moment décisif survient selon lui lors d’un échange tendu fin 2019. Plus précisément, il rapporte ces mots de Nourreddin Bongo : « Mon grand-père était président, mon père est président, je serai président. Es-tu avec moi ou contre moi » ?

‎Puis, l’accusation tombe, sans appel : « Ce système Bongo-Valentin, c’est une mafia, c’est un cartel. D’une part, une fois que vous êtes rentré, vous ne pouvez plus en sortir. D’autre part, quand vous sortez, il n’y a que deux issues : la mort ou la prison. » Les révélations chocs se succèdent : D’abord , la dénonciation d’une « gestion clanique » des ressources publiques. Ensuite, l’implication de Noureddin Bongo dans des opérations financières opaques via la Société équatoriale de raffinage (SER). Enfin, des accusations qui rejoignent les conclusions d’ONG comme Transparency International.

‎Quant à sa défense, BLA conteste fermement les charges de détournement de fonds et d’abus de biens sociaux retenues contre lui, y voyant clairement une manœuvre pour le réduire au silence.

‎Un nouveau rôle dans la Ve République

‎Après sa chute, la situation de Brice Laccruche Alihanga évolue considérablement. Désormais, il occupe le poste de conseiller stratégique au sein de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), le parti du nouveau président,  Brice Oligui Nguema.

‎D’un côté, il défend une vision renouvelée : « 95% des cadres sont nouveaux, l’inclusivité est le maître mot ». De l’autre, son positionnement reste clair : « Entre un système figé depuis soixante ans et une offre politique nouvelle, il faut laisser la chance au renouveau ».

‎Ces révélations interviennent à un moment particulièrement sensible. D’autant plus que le Gabon tente actuellement de tourner la page du système Bongo sous le nouveau régime mené par le président Oligui Nguema.

‎‎Par ailleurs, elles pourraient influencer le procès en cours de l’ancien directeur de cabinet . Cependant, à ce jour, ni Noureddin Bongo Valentin ni l’entourage de l’ancien président n’ont réagi. Par conséquent, la balle est désormais dans le camp de la justice gabonaise.


‎Roger BiERE 

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