Gabon : La Banque mondiale renforce son appui aux secteurs des mines et des infrastructures

Le Gabon poursuit sa collaboration stratégique avec la Banque mondiale, notamment à travers sa branche dédiée au secteur privé, la Société financière internationale (SFI). Cette institution a réaffirmé son engagement à accompagner le pays dans la transformation de son secteur minier et le développement d’infrastructures logistiques clés.
Dans un contexte où le Gabon cherche à réduire sa dépendance économique aux hydrocarbures et à valoriser ses ressources minières (manganèse, fer, or, etc.), la SFI entend soutenir des projets structurants visant à améliorer la compétitivité et la durabilité du secteur. Lors d’une récente rencontre avec les autorités gabonaises, les représentants de l’institution ont souligné l’importance d’une « exploitation minière responsable et à forte valeur ajoutée », en ligne avec les objectifs du Plan d’accélération de la transformation (PAT) du Gabon.
Cet appui pourrait se concrétiser d’abord par des financements et des partenariats techniques dans l’optimisation des chaînes logistiques (ports, voies ferrées) pour désenclaver les zones minières. Ensuite, la modernisation des procédés d’extraction sera encouragée, avec un accent particulier sur les normes environnementales. Enfin, la SFI compte favoriser l’intégration locale, notamment à travers la formation des compétences et le développement de sous-traitants nationaux.
Les grands projets infrastructurels en ligne de mire
La SFI s’intéresse également aux infrastructures de transport, essentielles pour l’exportation des minerais. Le projet Transgabonais (modernisation du chemin de fer) et les ports d’Owendo et de Mayumba figurent parmi les priorités. « Une logistique performante est un levier incontournable pour attirer les investisseurs miniers », a rappelé un expert de la SFI .
Par ailleurs, la Banque mondiale soutient des initiatives visant à renforcer la gouvernance du secteur, notamment la digitalisation des procédures d’octroi de permis ou la lutte contre la fraude.
Un partenariat aux enjeux multiples
Pour le Gabon, ce renforcement de coopération s’inscrit dans une stratégie plus large de relance post-Covid et post-crise politique (transition de 2023).
Toutefois, plusieurs défis persistent. Premièrement, l’équilibre entre attractivité des investisseurs et souveraineté nationale reste crucial, car les contrats miniers devront concilier rentabilité et retombées pour l’économie locale. Deuxièmement, la pression environnementale constitue un enjeu majeur, puisque le Gabon, souvent présenté comme un modèle de conservation, devra garantir que l’expansion minière ne compromet pas ses engagements écologiques. Enfin, la transparence sera un point de vigilance, les ONG suivant de près l’utilisation des fonds dans un secteur historiquement marqué par des opacités.
Si les annonces actuelles sont encourageantes, leur traduction concrète dépendra de la capacité des parties prenantes à concilier impératifs économiques, sociaux et environnementaux.
Roger BIÈRE



