Angola : 22 morts dans des émeutes liées à la hausse du prix du carburant

L’Angola traverse une période de forte tension sociale depuis l’annonce, lundi, d’une augmentation significative des prix des carburants. Les manifestations, rapidement transformées en émeutes et en actes de pillage, ont fait au moins 22 morts, selon des sources médicales et humanitaires citées par Africa Radio. Tandis que le gouvernement tente de rétablir l’ordre et de justifier cette décision économique, la colère populaire ne faiblit pas.
Une réforme aux conséquences explosives
La décision d’augmenter les prix de l’essence et du diesel s’inscrit dans un plan de réforme économique visant à réduire les subventions étatiques, jugées trop coûteuses. Soutenu par le Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement angolais affirme que cette mesure est indispensable pour assainir les finances publiques et relancer l’économie.
Mais pour une population déjà confrontée à une inflation galopante et à un chômage massif, cette hausse est perçue comme une provocation. Le carburant impacte directement le coût des transports et des produits alimentaires, affectant durement les ménages les plus vulnérables.
Manifestations réprimées dans la violence
Dès mardi, des rassemblements spontanés ont éclaté dans plusieurs villes, notamment à Luanda, Benguela et Huambo. Les protestations ont rapidement dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Des scènes de pillages de supermarchés et d’incendies de bâtiments publics ont circulé sur les réseaux sociaux et ont été confirmées par des médias internationaux.
Les forces de sécurité ont répliqué par des tirs à balles réelles et des gaz lacrymogènes, entraînant un lourd bilan humain. Des sources hospitalières font état d’au moins 22 décès et de dizaines de blessés. Des organisations locales dénoncent une répression disproportionnée, tandis que le gouvernement accuse des « éléments criminels » d’avoir infiltré les manifestations.
Face à la grogne, le ministre de l’Économie a annoncé des « mesures d’accompagnement » pour atténuer l’impact de la hausse, sans en préciser les modalités. Certains observateurs redoutent une prolongation des troubles si un dialogue social n’est pas engagé rapidement.
Cette crise rappelle les mouvements de protestation de 2023 contre la vie chère et soulève des interrogations sur l’efficacité des politiques d’austérité dans un pays où une large partie de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Roger BIÈRE



