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Centrafrique : Une marche contre les féminicides et les violences machistes

Des milliers de Centrafricains ont défilé dans les rues de la capitale, Bangui, ce vendredi, pour dénoncer l’augmentation des féminicides et des violences basées sur le genre. Cette mobilisation, l’une des plus importantes du pays sur cette thématique, intervient dans un contexte de recrudescence des meurtres de femmes, suscitant une indignation croissante au sein de la société civile et des organisations internationales.

Sous le slogan «  Plus jamais ça ! Stop aux féminicides »,  des manifestants – majoritairement des femmes, mais aussi des hommes et des jeunes – ont parcouru les artères principales de la ville, brandissant des pancartes avec des messages chocs : « Protégez nos filles », «  La violence n’est pas une fatalité », « Justice pour les victimes ». 

Les organisateurs, dont plusieurs associations de défense des droits des femmes soutenues par des ONG locales et internationales, ont souligné que cette marche visait à interpeller les autorités sur l’urgence de renforcer les lois contre les violences conjugales et les meurtres de femmes. 

Un phénomène en hausse, des réponses insuffisantes

Selon un rapport récent du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA),  la République centrafricaine enregistre l’un des taux de violences basées sur le genre les plus élevés d’Afrique centrale,  avec une augmentation alarmante des féminicides ces derniers mois. Les cas médiatisés, comme celui d’une jeune femme tuée par son conjoint devant leurs enfants il y a deux semaines, ont provoqué un électrochoc dans l’opinion publique. 

Pourtant, malgré des textes de loi existants, l’application reste faible. «  Les auteurs de ces crimes bénéficient souvent d’une impunité totale »,  déplore Angèle Dacka, coordinatrice de l’ONG Femmes Solidaires. «  Les procédures judiciaires sont lentes, les condamnations rares, et les victimes n’ont pas accès à une protection efficace ».

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Les autorités promettent des actions concrètes

En réponse à la mobilisation, le  ministère de la Promotion de la Femme a publié un communiqué assurant que le gouvernement « prend acte des préoccupations » et promet des mesures fortes, notamment :   Le renforcement des unités policières spécialisées dans les violences faites aux femmes ; L’accélération des procédures judiciaires pour les dossiers de féminicides ; Des campagnes de sensibilisation dans les écoles et les médias.  Le président Faustin-Archange Touadéra, bien que non présent à la marche, a réagi sur X (ex-Twitter), déclarant que « la lutte contre les violences faites aux femmes est une priorité nationale».

La marche a reçu le soutien de plusieurs partenaires internationaux, dont ONU Femmes et l’Union européenne, qui ont salué cette mobilisation citoyenne. «  La Centrafrique envoie un message fort : la tolérance zéro envers les violences machistes doit devenir une réalité », a  tweeté la délégation de l’UE à Bangui. 

Si cette manifestation constitue un premier pas, les activistes restent prudents. « Les promesses, nous les connaissons. Ce que nous voulons, ce sont des actes »,  lance une manifestante interrogée par RFI. La société civile prévoit déjà un observatoire indépendant  pour documenter les féminicides et faire pression sur les institutions. Une nouvelle marche est envisagée dans les prochains mois si aucune avancée tangible n’est constatée. 

Roger BIÈRE 

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