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RDC : Ouverture du procès de l’ex-ministre de la justice Constant Mutamba

L’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba comparaît ce mercredi 9 juillet 2025 devant la Cour de cassation de la RDC, accusé d’avoir détourné 19 millions USD initialement destinés à la construction d’une prison à Kisangani. La procédure a été lancée après un réquisitoire du procureur général Firmin Mvonde, adressé le 9 juin à l’Assemblée nationale. Celle-ci a autorisé les poursuites le 15 juin, entraînant la démission forcée  de Mutamba deux jours plus tard.

L’ex-Garde des Sceaux, connu pour ses réformes controversées et ses critiques envers les magistrats, nie toute malversation et dénonce une « manigance politique ». Le parquet retient une seule charge : détournement de deniers publics. 

Selon les documents judiciaires, Mutamba aurait ordonné le déblocage des fonds sans l’aval de la Première ministre, via un projet fictif de complexe pénitentiaire.  Bien que l’argent n’ait pas été physiquement retiré, le procureur argue d’une « intention frauduleuse», déjouée par la Cellule de renseignement financier.  

Les accusations initiales (outrage, incitation à la rébellion, menaces) ont été écartées par l’Assemblée nationale, faute de preuves suffisantes. 

Contexte politique et tensions judiciaires

Ce procès s’inscrit dans un conflit larvé entre Mutamba et le corps judiciaire. Plusieurs magistrats avaient publiquement dénoncé ses «  attaques systématiques » contre l’institution, tandis que l’ex-ministre accusait certains juges de « corruption » et de « sabotage des réformes ».

Mutamba, proche des cercles sécuritaires, lie également son inculpation à son engagement contre l’agression rwandaise à l’Est. Dans sa lettre de démission, il se présente en « réformateur courageux » victime d’un « complot ». Mutamba, qui se dit « prêt à se battre », pourrait faire appel à la Cour constitutionnelle en cas de condamnation, prolongeant une affaire déjà hautement symbolique.

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Roger BIÈRE 

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