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Industrialisation de l’Afrique : Il faut y aller

C’est le point de vue défendu par des experts récemment au Caire, en Égypte, au cours de la Foire commerciale intra-africaine. Cela pourrait permettre au continent de booster son développement économique.

Le paradoxe, quand on évoque la question de l’industrialisation de l’Afrique, c’est de demander aux pays africains de ne pas utiliser certaines de leurs ressources fossiles pour se développer, au motif qu’elles seraient polluantes, et donc nocives pour l’environnement. Cette contradiction est d’autant plus éloquente que les pays occidentaux et autres acteurs qui militent pour cette position vivent dans des pays industrialisés, donc développés, avec parfois des taux de croissance à deux chiffres.

La question a également fait débat au cours de la troisième Foire commerciale intra-africaine tenue au Caire du 9 au 15 novembre 2023. Une rencontre économique de haut vol qui a réuni opérateurs économiques, commerçants, experts aux profils divers, des chefs d’État ainsi que la crème des économistes et autres responsables d’institutions bancaires en Afrique et dans le monde. Si ce sujet a refait surface, c’est sans doute au regard de l’importance que cela revêt et des frustrations, voire des intentions plus ou moins avouées de certains de maintenir le continent dans une situation de sous-développement. Car, différentes études menées jusqu’ici démontrent à suffisance qu’il n’est simplement pas possible de parler d’industrialisation sans l’exploitation de ces ressources. Mieux, l’industrialisation du continent ne peut véritablement prendre son essor que grâce à l’exploitation du gaz et autres ressources dont l’Afrique est riche. A titre d’illustration, l’Afrique possède plus de 60 types de minerais différents, totalisant ainsi un tiers des réserves minérales mondiales, tous minerais confondus. L’Afrique, c’est aussi 90 % des réserves de platinoïdes, 80 % de coltan, 60 % de cobalt, 70 % de tantale, 40 % des réserves aurifères et 10 % des réserves pétrolières, selon l’International Institute for Sustainable Development. En matière de gaz également, le potentiel est énorme.

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Cependant, 80 % des exportations de marchandises en Afrique sont des matières premières non transformées et 1,6 % de la valeur ajoutée manufacturière au niveau mondial provient de l’Afrique. Bien plus, le secteur industriel africain ne contribue que de façon marginale à la croissance de l’économie malgré un potentiel considérable. Selon la Banque africaine de développement, en 2019, le produit intérieur brut industriel de l’Afrique a augmenté de 17 % pour atteindre 731 milliards de dollars, la valeur ajoutée de la fabrication ayant bondi de 39 %.

Au regard de ces données, les spécialistes rassemblés au Caire ont formulé l’impératif d’une transformation de l’Afrique qui passerait par trois éléments, à savoir l’augmentation de la productivité, l’industrialisation et la diversification. L’industrialisation, si elle est effective, pourrait aider les pays africains à atteindre des taux de croissance économique plus élevés et une diversification économique à même d’insuffler son développement. Au niveau de l’Afrique centrale, l’urgence se pose d’ailleurs avec acuité. Un plan directeur d’industrialisation et de diversification économique a été mis en place et vise à faire de la sous-région une base de défense manufacturière de classe mondiale pour la transformation sur place des produits stratégiques et minéraux critiques, une plaque tournante de solutions énergétiques, logistiques et écologiques, un hub régional de recherche et d’innovation axé sur l’intégration et le partage des cerveaux et intelligences, des données et logiciels, des technologies et savoir-faire stratégiques. Le chemin de l’industrialisation est de ce point de vue capital, voire un impératif.

AssolMar

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