Environnement

CONGO : ECO ZAMBA, un projet d’agroforesterie au cœur des priorités du Groupe SNPC

En réponse à l’appel à l’instauration d’une décennie mondiale de l’afforestation, lancé par le président de la République, chef de l’État, Son Excellence Denis Sassou Nguesso lors de la COP27, à Sharm-El Sheik (Égypte), en novembre 2022, la Société Nationale des Pétroles du Congo a lancé le projet ECO ZAMBA en se fixant pour objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050, notamment par le développement de projets d’afforestation et de puits de carbone.

Le projet ECO ZAMBA s’inscrit ainsi dans le cadre du Programme National d’Afforestation et de Reboisement (PRONAR) du Congo. Il va consister à l’afforestation d’au moins 50 000 hectares (ha) de zones savanicoles et ainsi participer pleinement à la protection de l’environnement.

Pour en savoir plus, nous avons rencontré le chef du projet ECO ZAMBA, Aymar Delmas Ebiou, conseiller du directeur général du Groupe SNPC, Maixent Raoul Ominga.

1- M. Ebiou, le Groupe SNPC est avant tout un acteur incontournable du secteur pétrolier en République du Congo, aujourd’hui engagé dans un projet d’agroforesterie. Pouvez-vous nous présenter ce projet ?

ECO ZAMBA est un programme d’afforestation qui s’étale sur 10 ans. Il permettra la création d’un massif forestier de 50 000 hectares avec une exploitation sélective débutant à partir de la 15e année. La première phase pilote de 1 000 ha d’acacia mangium, qui a débuté au premier trimestre 2024, sera suivie de plantations annuelles de 5 à 6 000 ha pendant 9 ans.

Cette plantation forestière et agroforestière sera située sur les Plateaux Bakété.

Ce projet est un programme de plantation de « nouvelle génération ». Il se distingue nettement de l’approche classique des plantations axées sur une seule essence à croissance rapide et un seul produit ou marché. Il vise à mettre en œuvre des normes et des référentiels nationaux ainsi que des normes internationales pour répondre aux exigences sociales et environnementales.

Lire Aussi:  Gabon : Braconnage, Paul Biyoghe Mba, "l’appel à une réévaluation des moyens et des lois"

La réponse donnée par le Groupe SNPC aux problématiques nationales et mondiales est d’accompagner l’essor économique du Congo en mettant en place des projets tels qu’ECO ZAMBA. Aujourd’hui, la vision de la SNPC, avec le projet ÉCO ZAMBA, est de créer une plantation diversifiée et durable, en accord avec les meilleures pratiques mondiales, offrant des avantages multiples pour les communautés locales et la préservation de l’écosystème.

2- Quelles sont les attentes sur ce projet pour la SNPC, mais aussi pour les populations locales ?

Pour la SNPC, le projet ECO ZAMBA permettra d’activer plusieurs leviers, à savoir la séquestration de carbone, la préservation des zones à haute valeur biologique, le soutien des communautés locales, mais aussi la promotion de l’agroforesterie et de la biodiversité.

Ce projet aura un fort impact positif, climatique, socio-économique et environnemental. Il sera basé sur une exploitation durable des plantations et aura vocation à être un puits de carbone naturel. Les prélèvements seront limités à la croissance et le capital forestier sera maintenu constant afin de favoriser l’absorption du carbone. Le déploiement d’une sylviculture régénératrice des sols et des écosystèmes forestiers permettra le développement de filières agricoles et d’industries du bois à forte intensité de main-d’œuvre.

Le projet ECO ZAMBA inclut un ambitieux volet agroforestier basé sur le développement de cultures vivrières, dont celle du manioc principalement, dans une logique de développement durable. La superficie prévue pour le manioc est de 300 hectares.

Cette initiative permettra le développement d’un système agroécologique performant de nature à impliquer et sédentariser les populations locales. Celles-ci fourniront des produits vivriers pour les marchés locaux ainsi que du bois d’œuvre et du charbon durable (« Green Charcoal »), se substituant au charbon illégal issu de la déforestation.

Lire Aussi:  Congo : Le gouvernement veut échanger la dette contre des actions écologiques

Une autre composante originale est la création d’un verger agroforestier à partir de la culture du palmier à huile et d’avocatiers, associée à l’acacia mangium. L’objectif est de favoriser l’émergence de nouvelles filières économiques basées sur l’huile de palme et l’huile d’avocat alimentaire (marché local et exportation). Le projet prévoit également la création d’une filière apicole avec du miel de forêt naturelle/savane et de plantations d’acacia et d’eucalyptus.

Il est à noter que les véritables bénéfices pour tous et plus précisément pour les populations locales concernent le volet de l’emploi des populations rurales sur place et plus spécifiquement les jeunes et les femmes à travers cette activité à forte intensité de main-d’œuvre. En effet, le projet ECO ZAMBA soutient diverses formes d’agriculture et encourage la sous-traitance locale. C’est également un projet qui permet l’amélioration des sols pour l’agriculture.

Une « cellule agroforesterie » sera également mise en place au sein du projet afin de sensibiliser les paysans au développement de ces pratiques dans la région avec fourniture de plants subventionnés par le projet ainsi qu’un accompagnement technique. 

3- M. Ebiou, pouvez-vous nous dire d’où vient le nom ECO ZAMBA ?

ECO fait référence à l’écologie et à l’économie.

ZAMBA est un clin d’œil à notre langue, à notre pays et à nos valeurs, car il s’agit d’un mot qui signifie « forêt ».

Rédaction CQFA

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page